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    January 25

    Miroir de toi, miroir en soi

    Cela commence par un regard volé
    Teinté de respect dans le refus d’être un orfraie face
    A la finesse hibiscus d’une silhouette, brise de nouveaux désirs.
    Te cueillir,
                        T’effleurer,
                                            Te sentir sur ma joue iris de sainteté
    Processus éprouvant constituant notre identité,
    Une burséra la rose des bois, la  myrrhe et l’encens à la fois
    Une procession hommage vers l’autel de la féminité
    Miroir de beauté et de dignité
     
     
    Puis viennent les jeux de mots au détour du hasard
    A l’insu de notre volonté au chemin peut être sans issue
    L’amour est un urubu qui chasse la solitude qui passe
    Entre vous et moi
                                   Le discours prend place
                                                                              Entre moi et moi
    Se crée un écart, l’écran mensonge de paix aux milles songes
    Des jeux de rôles à rebours compte de milles contes
    Miroir d’une relation romantique passion
     
     
    Ensuite le rêve baiser n’est plus un secret
    Longtemps imaginé il se pose au vol avec hésitations
    L’effet papillon, poussière aux bouleversements climatiques
    Il est toucher,
                            Une sensation sucrée salée,
                                                                                La réalité
    Un face à face, le ciel en lotus sur la terre, la vague des océans
    L’interface accouchement du firmament au sommet de cette union
    La naissance d’un tiers originel apodictique qui est couple
    Miroir nouveau d’une inconnue construction
     
     
    Enfin je réalise dans tes mains l’exhibition de mon voyeurisme inconscient 
    Ta féminité virile est infiniment liée à ma masculinité féminine
    La sensibilité  est reine
                                           Nous sommes dominants et dominés
                                                                                                           Dans notre royauté
    Un besoin lacrymal et être mâle et ce désir refoulé de me voir pénétrer  
    Par toi ma femme complice, te vivre en moi et me faire mal de plaisir
    Dans l’exercice de ta souveraineté entre possession et libération
    Miroir de sang mêlés et de personnalités entremêlées
     
    Nous
    January 18

    7 versants 7 syllabes ...d'Edouard Maunick

                   I
     
    Si tu venais de toi même
    En ce lieu contradictoire
    Refaire fête de l'ébène
    Le métal des premiers temps
     
    Si tu essayais le rêve
    Avant que d'être inutile
    Avant le rebond du sang
    Avant la mort de ton père
     
    Ce pays était miroir
    La mer en guise de tain
    Les iles à suée de rames
    Des clefs se saignaient les reins
     
    Le bonheur était partout
    Et nulle part à surprendre
    Si tu jouais l'océan
    Une derniere fois sur terre
     
    Mais qu'est ce que la dernière fois
    Pour un poète sans race
    Son corps toujours se répète
    Parmi les témoins d'en face
     
    Il suit sans les découvrir
    Les chemins de la colère
    Son pays est ce pays
    Où tous les pays vertigent
    .....
    Extrait de Poèmes Présence Africaine
     
    January 12

    A ma recherche après ta découverte

    J’étais un champ de canne à sucre
    Un passé de verdure souillé au sirop d’alcool
    Un amour entrecroisé d’un paysage soleil déchiré
    La seconde d’une rencontre,
    Une broche un baiser une douceur contre la honte
    Une naissance au feu du hasard mortuaire
    D’un rhum ambré
     
    Dans toutes mes nuits dansent les zombis
    Sur le tambour bata, un bruit sourd d'asservissement
    Je me bats à l’envers et contre moi
    Sur ma table de nuit, mes pulsions érotiques
    Sont fantômes infantiles de mes réactions futiles
    Le jour se lève ils s’emparent des reines de ma vie
    Dans leurs royaumes théâtre de divertissements
     
    Toutes mes nuits dans le rhizome de l’enfer
    Je vois le moulin de mon trésor enfoui, caché
    Secret, sa valeur tombée en obsolescence
    Chaque jour le cycle infernal de mon impuissance se rejoue
    L’engrenage est tel que cette vie est un bel marécage
    Avec son lot de fontaines et ses drogues de jouvence
    Et mon trésor s’engloutit depuis mon enfance
     
    Toutes mes nuits je rêve de cet amour transcendantal
    De cette paix optimale dans l’immanence de mes capacités
    De cette douce herméneutique Orisha
    Pour déhaler mes délires incessants et blessures traumatiques
    Flibustiers à l’assaut de mes actions enrichissantes
    D’une volonté zombifiée,  asséchée
    Par le feu de mon ignorance
     
    Avec toi, je me suis découvert une foi
    Installés sur le pandel  de tes rêves
    Ta cadence ton odeur curcuma de la douceur kâma de tes reins
    Fait de mon corps une tringle, une épingle dans ta chevelure
    Couleur de la nuit, un ciel de lit se balançant  lentement
    Sur mon visage avec tes mains qui dansent aux rythmes
    Virevoltant de nos envies contre ces sorciers cancer de ma vie
     
     
    Avec toi, j’ai redécouvert mon moi
    Sur les traces pétales de tes yeux marrons sanskrits
    J’ai pu lire l’écriture de ta confiance,
    L’emplacement de tes sentiments
    La porte de mon moulin perdu aux voilures renouvelées vivifiées
    Dans l’absolutisme prière d’un amour
    Dont tu as posé la première pierre
     
     
     
    Même si ce trésor est un coffre en chantier  
    Même si je ne connais ni sa teneur ni même sa valeur
    Même si je ne peux y accéder 
    Et même si je suis seul, je respirerai toujours le camphre de tes pensées
    Pûjâ d’une liberté retrouvée dans le semblani, la célébration
    Du fidéjusseur de mes actions présentes
     
    Nous
    January 10

    Extrait de Pays rêvé, pays réel D'Edouard Glissant

     
     
    L'Aveugle dont la main donne grâce de voir
    Loin dans la mort l'hosanna des bateaux
    Crie Ata-Eli la nue disgrâce de ma cécité ô Toute en nuit
    Est de ne dessiner pas autour du globe de mes prunelles
    Comme un enfant sertit son doigt dans l'orbite, tire
    Et son oeil pousse devant avec un crissement d'arbre
    La patiente végétation de ton sourire
    Elle, rivière blessée, le regarde crie en silence
    Ils s'allient par des sens dont nous avons perdu l'usage
     
    Editions Gallimard
    January 04

    Feuille de prunier mombin

    Sans crainte,
                           Ni espoir
    Sans plainte,
                           Sans m’asseoir
    Je m’avance dans le noir
    Telle une geisha,  je n’ai pas le choix
    Je fais de ma vie un art
    Diacre d’une authenticité
    L’art de n’être rien pour les autres
    Mais d’être tout pour moi
    Aux christianismes de l’assertivité
     
    J’avance aimant l’importance du superflu
    Ces petits détails sur lesquels on s’attarde
    Ces petits riens qui nous mènent partout
    Même si on perd un temps fou
    Résultat de multiples petites découvertes
     
    J’avance attiré par l’eau, feu de l’oubli
    Une feuille esseulée de prunier mombin
    Se baladant au gré du vent
    Qui aux rythmes des saisons
    Préserve les quatre couleurs de mes printemps
    Esquivant l’ensorcellement
    Ces prisons populaires et télévisuelles de notre temps
     
    Sans crainte,
                            Ni espoir
    Sans tabou,
                            Sans phare
     
    Je m’étire et me déploie
    Exhérédé de ces bonheurs éphémères d’été
    Déplorant le succès de ces sophistes pensants
    Où paraître et être se confondent
    Pour naître plus rien 
    Passionnée mon âme orante et accueillante
    Chante où l’essentiel n’est pas d’arriver
    Mais de vouloir tout simplement avancer
     
    Nous