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October 28 L'éligie pour M.L.King de Léopold Sédar SenghorQui a dit j'étais stable dans ma maitrise, noir sous l'écarlate sous l'or?
Mais qui a dit, comme le maitre de la masse et du marteau, maitre du dyoung-dyoung du tam-tam
Coryphée de la danse, qu'avec ma récade sculptée
Je commandais les Forces rouges, mieux que les chameliers leurs dromadaires au long cours ?
Il ploient si souples, et les vents tombent et les pluies fécondes.
Qui a dit qui a dit, en ce siècle de la haine et de l'atome
Quand tout pouvoir est poussière toute force faiblesse, que les Sur-Grands
Tremblent la nuit sur les silos profonds de bombes et de tombes, quand
A l'horizon de la saison, je scrute dans la fièvre les tornades stériles
Des violences intestines ? mais dites qui a dit ?
Flanqué du sabar au bord de l'orchestre, les yeux intègres et la bouche blanche
Et pareil à l'innocent du village, je vois la vision j'entends le mode et l'instrument
Mais les mots comme un troupeau de buffles confus se cognent contre mes dents
Et ma voix s'ouvre dans le vide.
Se taise le dernier accord, je dois repartir à zéro, tout réapprendre de cette langue
Si étrangère et double, et l'affronter avec ma lance lisse me confronter avec le monstre
Cette lionne-lamentin sirène serpent dans le labyrinthe des abysses.
Au bord du choeur du premier pas, au premier souffle sur les feuilles de mes reins
J'ai perdu mes lèvres donné ma langue au chat, je suis brut dans le tremblement.
Et tu dis mon bonheur, lorsque je pleure Martin Luther King
Oeuvre Poétique Edition Seuil October 23 Les artifices du tempsTu ne m’as pas laissé de temps
La décrépitude de cette nouvelle génération de femmes
Est en contradiction avec l’attitude de nos grandes dames
Tu me voulais pour le bonheur et pour le rire
Je te désirais pour le meilleur et pour le pire
Les relations amoureuses sont constitutivement aléatoires
Prévoir et voir l’avenir relève de la magie
Eprouver la fiabilité de ma moitié ma stratégie.
Un rétiaire aimant désireux connaître
La valeur de son combattant partenaire
Celle qui partagera l’arène de ma plage volcanique
Toute ma vie durant pour d’élogieuses épitaphes
Nos rencontres linguales de cette fusion interminable
Dans la fringale de nos désirs est le terminale zéphyr
D’un amour au sommet de son été.
Mes incertitudes dans le printemps de notre attachement
Sont comme un coccothrinax dans une forêt tropicale, esseulé
Dans la jungle de mes troubles aux milles chemins
Les plus grands monuments sont comme ces villes historiques
Merveilles du monde elles se construisent avec le temps
De Rome des esclaves à Rome de l’empire des arts
Notre amour aurait été un paisible Colisée, le spectacle
De notre invention provoquant de mon trident les pales
Imitations, une armure résistant à l’épreuve du temps.
Mais ton impatience meurtrière a pour rôle le bourreau
Le pouce dans le jeu somptueux de notre mise à mort
Je connais l’expression verbale de tes sentiments
Mais je n’en perçois pas l’élaboration structurale
Notre amour n’est désormais
Qu’une émotion éphémère
Une tour de Pise effondrée avant s’être penchée
Et moi je ne suis qu’un interchangeable pion
Un fou à la recherche de sa reine
Une tour dans le trou blanc des rêves noirs
Comme tu ne nous as pas laissé un peu de temps
Nous October 17 Prière aux Masques de Léopold Sedar SenghorMasques ! O Masques !
Masques noir masque rouge, vous masques blanc et noir
Masques aux quatre points d'où souffle l'Esprit
Je vous salue dans le silence !
Et pas toi le dernier, Ancêtre à tête de lion.
Vous gardez ce lieu forclos à tout rire de femme, à tout sourire qui se fane
Vous distillez cet air d'éternité où je respire l'air de mes Pères.
Masques aux visages sans masque, dépouillés de toute fossette comme de toute ride
Qui avez composé ce portrait, ce visage mien penché sur l'autel papier blanc
A votre image, écoutez moi !
Voici que meurt l'Afrique des Empires - c'est l'agonie d'une princesse pitoyable
Et aussi l'Europe à qui nous sommes liés par le nombril.
Fixez vos yeux immuables sur vos enfants que l'on commande
Qui donnent leur vie comme le pauvre son dernier vêtement.
Que nous répondions présents à la renaissance du Monde
Ainsi le levain qui est necessaire à la farine blanche.
Car qui apprendrait le rythme au monde défunt des machines et des canons ?
Qui pousserait le cri de joie pour réveiller morts et orphelins à l'aurore ?
Dites, qui rendrait la mémoire de vie à l'homme aux espoirs eventrés ?
Ils nous disent les hommes du coton du café de l'huile
Ils nous disent les hommes de la mort.
Nous sommes les hommes de la danse, dont les pieds reprennent vigueur en frappant le sol dur.
Oeuvre poétique Edition Seuil October 11 Les aimantsTout ce qui nous lie nous délie
Tout ce que l’on aime nous renferme
Tout ce qui nous attire nous détruit
Sous cette aire de Provence
Le soleil se fiance
Avec cette plaine verte peuplée de coquelicots
Je te revois dans mes doux rêves
Nager dans nos sanglots
Au parfum des je t’aime
Tes tournesols rires, éolienne de ma survie
Tu restes ma belle et envoutante cicindelle
Une élégante demoiselle aux aromes sensuels
Et pourtant tu portes sous tes ailes
L’élytre émeraude de la mort
J’éructe l’incompréhension de notre relation
Dans la complexité de ses composants
Une douleur d’un cœur, cierge à nos rancœurs
Tout ce qui nous lie nous délie
Tout ce que l’on aime nous renferme
Tout ce qui nous attire nous détruit
Nous October 07 Le totem de Léopold Sédar SenghorIl me faut le cacher au plus intime de mes veines
L'ancêtre à la peau d'orage sillonée d'éclairs et de foudre
Mon animal gardien, il me faut le cacher
Que je ne rompe le barrage des scandales.
Il est mon sang fidèle qui requiert fidélité
Protégeant mon orgeuil nu contre
Moi-même et la superbe des races heureuses...
Oeuvre Poétique Edition Seuil October 01 Je suis un vaseJe suis un vase
Une vacuité
Un désir refoulé
Une angoisse débridée
L’herbe que l’on coupe
Lorsqu’elle a trop poussé
Rempli d’ennui d’amitié passée
De fébrilité stérile
Mon bouquet s’est envolé
Je suis un hôtel désaffecté
Le mois de juillet
Le souvenir de belles saisons passées
Le vent de l’écho des rires, mille plaisirs
La journée après
Ces ambiances estivales de chaleur familiale
L’instant où tout se vide
Malgré soi
Nous |
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