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    March 26

    Texte de Lucien Lemoine

    Ecartez de moi cette flamme
    Ecartez de moi cet enfer
    Que dit elle mon ciel ma femme
    Que dit elle en montrant ses fers
     
    L'absence elle a ses yeux pâlis
    Sa bouche qui ne fredonne
    Comme à cette femme d'Ulysse et son âme qui s'abandonne
     
    Ecartez de moi cette flamme
    Ecartez de moi cet enfer
    Que dit elle mon ciel ma femme
    Que dit elle en montrant ses fers
     
    Ecartez de moi ce bûcher
    Et ces mots faits pour mon supplice
    Ecartez de moi écartez
    De moi écartez ce calice
     
    Ecartez ce bourdon d'abeille
    Ecartez de moi ce bourdon
    D'abeille cher à mon oreille
    Amour je demande pardon
     
    Comment sans risquer tes deux mains
    Comment comment oses tu mettre
    Amour oses tu mettre enfin
    Tant d'amour brûlant dans tes lettres
     
    Ecartez de moi cette flamme
    Ecartez de moi cet enfer
    Que dit elle mon ciel ma femme
    Que dit elle en montrant ses fers
     
    Extrait de Le veilleur du jour, N.E.A
     
    March 21

    Penser et danser

    Distinguer les lettres pour diviser les êtres
    Un discours enrobant des actes
    Dans des actes dérobant l’amour
    L’éther désormais sous terre mais
    Notre ruban est un espace d’entracte
    Un éclair de liberté dans ces nuages d’hypocrisie
    L’union des contraires l’orage d’une nouvelle ère
     
    Penser et danser
    Sont deux mots qui se ressemblent
    Mais pour certains bien pensants ne vont pas ensembles
    Bien que leur romance soit possible
     
    Penser et danser,
    Essences matricielles de mes racines
    Portent les fruits arc en ciel pirogue sur nos ravines
    Une bulle d’air profonde insubmersible
     
    Penser et danser
    Dans toutes les couleurs est l’enveloppe
    De la diversité que notre planète terre développe
    Vers cette marche en pagaie irréversible
     
    J’aime cette profondeur légèreté
    Pleurer danser rire penser chanter à tes pieds
    Maât l’harmonie balance de tous les styles
    L’équilibre cosmique dans ce monde tellurique
    L’étonnant c’est le corps détonnant
    Ces péristyles monosémiques décimés et périmés
    Pour une florescence polyphoniques quintessenciée requinquée
     
    Nous
    March 18

    Epicentre des quatres chemins de Ernest Pépin

    Dans l'épicentre de ta lumière
    phosphorescence en folie
    de tendres tatouages
    frémissent
    alizés ailés
    sur la plage fauve de ton ventre
    et ma langue divague
                                   vague après vague
    au rythme de la constellation
                    de tes hanches
    Balaie
             à grands coups de ballets de fougères
             les nuages de la pesanteur
             beau feuillage flambé vert
             poteau mitan de cocagne
    Fluviale femme
    tu ouvres la saison adoslescente des seins neufs
    par dessus la cicatrice du temps
    bivalve
              la trompette de ton offrande
              aux quatre chemins de l'Amour
     
    Editions l'harmattan " Verso du silence "
    March 14

    Une reflexion sur mon dernier poème

    Un vers une reflexion
    "  Une triste et nécessaire routine "
    En effet,
    Désireux mélanger les contraires cette formule me paraissait esthétique
    Mais au fond
    ce qui est necessaire peut il être triste
    la routine est un arbre au solide racine necessaire pour bien vivre
    résister au tempête, des branches qui cherchent à atteindre le soleil
    la necessité comme condition de ma liberté, ma beauté
    Comment ce qui est la porte d'entrée de ma beauté peut il etre triste
    Si cette tige est triste comment ma fleur peut etre belle
    elle ne peut etre que fanée et je ne peux m'épanouir
    ce qui est nuisible c'est l'exces de routine qui ne laisse pas place
    à la graine Liberté
    J'en déduis donc que le terme triste n'est pas le bon et non approprié 
    Cette porte d'entrée est un rythme qui ne peut être habillé de tristesse
    Le rythme de cette routine, une cadence dans la danse de la vie
    Le bal du soleil qui me lève, la vigueur de ma rigueur
    elle doit avoir une belle essence et être la fenêtre de ma puissance
    J'ai donc décidé à l'unanimité avec moi même
    Car il nous arrive des fois d'être plusieurs
    De choisir en conséquence
    " ma rythmique sublime et nécessaire routine"
     
    Nous
     
    March 08

    Je suis un homme de la rue, l'imprévu

    Je suis né sur une île sous une brise de l’imprévu
    Le souffle de l’inconnu
    Dérivé du hasard lézardant les mythes désirant les rites
    Mon être n’est qu’une succession consécutive de petits événements
    L’interaction  alternative de sourire et d’amitiés vampires
    L’appel aux jeux, aux situations limites et dangereuses
    Une éducation constitutive d’un je en passive construction
     
    L’imprévu, nouveauté ou résurgence violente du passé
    N’est aujourd’hui que le reflet de ma mémoire eidétique
    En marge de ce monde occident, de leur paradis
    De leur représentation des tableaux  de l’interdit
    Je fuis ces autorités, ces protectrices cuscutes qui usurpent
    Frappent et abaissent le flanc de mon âme cocotier
    Je serais la fissure l’éjection de larves de cette pensée tectonique
     
    Mon intentionnalité rédemptrice est d’enfermer ses douleurs
    Dans ma conscience 
    Ne plus permettre l’entrée de ces personnes à la couleur noire
    D’atteindre au coin de l’avenue mon enfance belle et fraîche
    Ne plus permettre ce phénomène récurent de standardisation  
    Appel à l’enfermement à faire cours dans ma pacifique cour
     
    Ma vie est une vague au mouvement lent et tourbillonnant
    Qui s’échoue tout le temps sur une plage certes perdue
    Mais toujours paisible dans un relent passionnant et incessant
    Recherchant en vain cette foi puissante veine en moi
     
    J’entre, mon imprévision organisée, en connexion, moments inconnus 
    En relation avec ces isolés déraisonnés du monde de la vie,
    Des mots, de la musique et des fantaisistes passionnés de vie
    De ces contacts jaillissent l’épiphyte cette plante surprise,
    Elle pousse dans le chaos, le long de ma rythmique sublime et nécessaire routine
    Un renouvellement permanent de rencontres archipéliques,
    Bouée de survie dans cette nuit du monde de l’unique
     
    Nous
    March 03

    Le visage et le temps de Jean Baptiste Tati-Loutard

    Je vis en silence ma parcelle du temps;
    Pourquoi me plaindre comme un grelot
    Au cou d'un chien errant ?
    Dans la nuit à fond d'étoiles
    Je fends ma voix de peine...
    C'est la pulpe d'une être qui sentait
    L'eucalyptus et la saveur de la mer
    Quand elle soulève sa rumeur.
    Dans une rue ravinée par les ans,
    Les traits de son visage sont épars
    Sur les briques des masures.
    Peut être dans quelque bouge
    Vit elle inclinée comme le jour
    Qui chancelle après la méridienne
     
    J'ai perdu mes élans à tant courir
    Les champs du monde;
    Je suis l'oiseau forcé de rabattre
    Les ailes...
    Maintenant je ressemble à la terre
    Qui est ronde de vertiges,
    Et je cherche un amour qui me tienne
    Comme elle dans le champ
    De quelque système solaire.
     
    Les normes du temps, Hatier, Paris 1989