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    July 30

    J'ai beau

     
    J’ai beau échapper au qu’en dira t’on populaire
    Pour me pencher sur tous ces intellectuels de saison
    Me questionner sur la liberté
    Sur ma part de mon consentement
    Dans la matérialisation de mes actes
     
    J’ai beau me regarder dans ce miroir
    Percevoir le trépignement de mon corps pulsionnel
    Un esprit héraut d’indépendance
    Je ne vois qu’un homme ankylosé par ses faiblesses
    Affrontant la complexité de son être
     
    J’ai beau discuter dans les salles d’attentes de l’amour
    Contempler ces couples se guerroyer à la recherche d’harmonie
    Discourir sur l’utilité de la vie à deux
    Entre liberté et stabilité, la vie gouverne le chemin de nos vies
    L’événement est curiosité, la vitalité de l’homme au masculin
     
    J’ai beau avoir connu les affres du reniement de soi
    Dans le don total à l’autre, me nier pour exister
    Puis essayer de marier mes relations, esquivant l’emprise
    Pour divorcer avec mes premières intentions
    Dans l’objectif d’atteindre mon interpersonnelle unité
     
    Mais lorsqu’une pensée de toi m’effleure
    Je ne peux contester que tu fusses la seule
    La seule Cléopâtre en inspiration
    Fleur d’eucalyptus en respiration
    Dans une semblani philosophie
    A etre la Reine Harmonique
    De mon corps… ma tête … et mon cœur …
     
     
    Nous
     
    July 22

    Etait encore de Nicolas Bouvier

    Juste aussi haut que ton cerceau
    oisif était encore
    le singulier d'oiseaux
    le Zeppelin était encore un ange
    les mots nouveaux
    portaient leur costume du soir
    lundi et à demain
    étaient vêtus de noir
     
    Une paume sale nous semblait suffire
    pour ces sales larmes d'enfant
    car nous ne savions pas
    que nous étions déja tombés dans la vie
    tombés dans cette vie
    si douce et si tuante
    que personne jamais
    n'en reviendra vivant
     
    Genève, 1979 Editions Points
    July 18

    Une prière d'un nouveau monde

     
    Comme une prière en forme de poing
    Pour un homme senti blessé
    Ma semaine de vacances du mois de juin
    Soit s'illuminer l'été
     
    Les inégalités de sales aires asphyxient mon âme d'enfant
    Par manque de protection, je me fais délinquant
     
    Je dérobe les espaces de vies, enrobe les spams de poèsie
    Je cambriole les rires ensoleillés, caramboles étoilés de mes plaisirs
    Je complote avec les naufragés du destin, éternels amis de demain
     
    De Dieppe à Gosier, je vole sur le vent des alizés
    Un coeur mourant de vie sur les ailes des cormorans
    A la recherche d'amitiés complices
    Les yeux rivés sur mes collègues associés
    Pour une ronde collaboration devant ce monde lisse
    A la dérive...
     
    Nous
     
    July 16

    Mirabilis de Nicolas Bouvier

     
    Le miroir n'aura vu
    que la pierre qui le brise
    se blesse en s'étoilant
    Mémoire si cher acquise
    me ruine en même temps
     
    Hier c'étaient les barreaux
    aujourd'hui c'est l'échelle
    j'ai fait un quart de tour
    et tari le soleil à me souvenir d'elle
    avec deux bras autour
     
    Kyoto, printemps 1966
     
    Editions Points
    July 10

    Au coin de ce monde

     
    Au coin de ce monde
    Frappe la mort
    Sous le soleil de nos tombes
    Les hommes se pleurent
    Aujourd’hui une Dame
    Demain les amants se fanent
     
    Au cœur de ce monde
    Frappe la vie
    Dans le cloaque de nos songes
    Les bonheurs se fleurent
    Aujourd’hui une âme
    Demain les parents se paonnent
     
    Au coin d’un hôpital
    Les urgences sont leur cœur
    Lieu où les espoirs se soignent
    Et ma vie joyeuse s’éloigne
    Au creux de mes bras
    Ce bébé immensité me regarde
    Les baptêmes sont leurs sœurs
    Cet invisible lien nous accompagne
    Porte vers cette autre demeure
     
    Au coin de ce monde
    La vie est un hôpital
    Une peuplade d’étoiles
    Le boulevard de l’indépendance
    Un lit de feuillage
    Sur les routes de nos entreprises
    En surprises déroutes
    Chaque bruit est une mélodie
    Chaque seconde est une chance
    Chaque instant est un chapitre
    Un livre où à chaque page
    Je m’effeuille
     
    Nous
    July 03

    Mon regard sur le Biafra

     
    J’ai souvent hésité entre les larmes de la pureté
    Le charme de l’autorité
    Pleurer le manque de chance
    Crier contre la pente vers l’indifférence
     
    Je me suis souvent demandé qu’est ce que vivre
    Entre des envies désespérées et l’hypocrisie organisée
    Pleurer ses rêves engloutis dans le bassin de l’orgueil
    Crier contre l’injustice anoblie dans le sérail élyséen
     
    Je me suis souvent confronté à l’image et son double langage
    Entre préserver sa beauté d’une pureté artificielle
    Et avouer ses propres errances structurelles
    Mais lorsque j’entends parler de la guerre du Biafra
    Point de départ certain d’une forme de démocratie médiatique
    C’est tout mon corps qui se foudroie
    Telle une lame insidieuse perforant mon âme amoureuse
    Devant cette dictature de l’émotion où s’éloigne la raison
     
    Car sur tous les écrans du monde
    L’Afrique est le continent misérable au noir destin
    Sur tous les écrans du monde
    Le peuple meurt de faim dans une guerre sans fin
    Sur tous les écrans du monde
    La France est le pays des droits, le grand prince de ces rois
    Porte parole de l’action  humanitaire
    Porte drapeau d’une ingérence sans frontière
     
    Mais pendant que tout le peuple français s’émeut
    Cette même France organise dans un pays anglophone
    Un dispositif clandestin d’assistance militaire
    Mais pendant que tout le peuple français s’émeut
    Cette même France ironise en omettant de parler de son pré carré
    D’Etats françafricains sous sa totale dépendance
    Mais pendant que tout le peuple français s’émeut
    Ces guerres s’internationalisent pour le pétrole qui vit
    Avec les principales puissances du G8 qui sourient
     
    Je me suis souvent interrogé sur cette discordance
    Entre le discours et les actes 
    Analysant ses délires médiatiques comme des délires schizophréniques
    D’une France qui rêve ses désirs dans une bonté hollywoodienne
    Qui dans cette folie passagère, s’oublie elle-même qu’elle est guerrière
    Que derrière ses écrans, les perceptions sont altérées
    Productrice d’un film oscarisé par sa distorsion de la réalité
     
    Je me suis souvent questionnée sur cette captation amoureuse
    De la France avec son image idéale
    De cette France qui se noie dans cette relation imaginaire
    Par le biais des médias.
    Ce miroir de la vertu
    Ce miroir d’une angoisse disparue
    Ce miroir de cette France non déchue  
     
    Avant-hier le Biafra, hier le Rwanda
    Cette France serait elle atteinte d’une maladie psychotique
    Je ne le crois pas
    Son attachement à la réalité est bien intact
    Mais son disfonctionnement est systémique
    L’art du mensonge systématique
    Son instance pulsionnelle  reste le pouvoir et sa prospérité
    Un pacte au mépris de l’espoir et de l’humanité
     
    Nous