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    August 04

    Mon miroir de l'amour

     
    Sans être tes yeux
    Perle porteuse de mes rêves aciers de demain
    Sans être ta main
    Caresse frêle d’une fleur à la rosée du matin
    Sans être ta peau
    Etoffe spacieuse dans la chaleur de nos bains
     
    Je te veux toi, cet autre qui est en moi
    J’ai greffé sur mes cicatrices enfantines ton regard
    Palan différentiel orné de ta foi chryso citronnelle,
    L’aiguillon aiguisant chaque jour levant cet appétit
    De n’être plus celui que je suis
    De m’élever des monts et marées pour les monts et merveilles
    Dans tes bras palanquin vers le palais de l’estime de soi
    Enfermant dans ton coffre cœur le cimetière de mes chrysanthèmes
     
    Je te veux toi, ce double qui est en moi
    Je t’ai annexé toi mon instance opératoire à ma vie
    Le retournement réflexif de ma conscience
    L’enveloppement de mes pensées contradictoires
    Où prend forme mon être dans sa complexité
    Dans ma solitude originelle de lamantin des mers
    Je me suis fait hippopotame
    Pour goûter à la douceur de tes charmes
    Mes pieds dans l’eau, je te respire
    Luciole d’hibiscus, explosion de couleurs,
    L’humus farandole écume délice à notre devenir
     
    Je te veux toi, ce cœur qui est en moi
    La raison ontologique de mon existence
    L’antidote face à ma solitude structurelle angoissante pénétrant
    Chaque seconde chaque désillusion où la vie se sépare de moi
    Chaque instant chaque séparation où je plonge dans d’abyssaux émois
    Or je n’ai que toi pour me retenir, me rattacher
    A la surface de ces arbres fruitiers
    Où tant d’hommes ont semé leurs graines de libertés
    Où tant d’hommes ont chanté l’art de la révolte
    Où tant d’hommes ont gardé leurs poings levés
    L’olivier du courage à la main
     
    Sans être ma permanence
    Poteau mitan des mes flux créatifs harmoniques en mouvement
    Sans être ma tempérance
    Désordre bacchanale dans cet ordre stérile en cloisonnement
    Sans être ma persévérance
    Tu es mon miroir hiératique, l’autre visage de mon prolongement
     
    Nous